“ C’est toi même qui le dis ”

Le voilà donc abandonné entre nos mains pour nous dire en clair :
« Ouvre-moi la porte
nous prendrons ensemble le repas entre amis ! »

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Méditation du P. Jean Rouet, pour la 2ème station du Chemin de Croix du Vendredi saint, qui a eu lieu dans lecentre ville de Bordeaux ce 14 avril 2017.

À trois reprises dans la passion selon saint Matthieu Jésus emploie cette expression : à Judas au moment de la Cène,

puis ensuite au grand prêtre et enfin ici à Pilate.

J’entend en écho la question aux disciples à Césarée de Philippe :
« et vous que dites vous ? Qui suis je pour vous ? »

Son identité, Jésus la reçoit, même de ceux qui le condamnent.
Il ne défend pas son identité comme un rang à préserver,
il ne s’accroche pas à son identité comme à un privilège.
Depuis le début c’est le Père qui la lui donne
et elle devient de plus en plus évidente
et le soldat tout à l’heure la proclamera haut et fort !

Ici alors que tous s’enfuient,
que la fin de cette extraordinaire aventure est annoncée
voilà que progressivement le voile se lève, la victoire se profile :
Dieu est mis au rang des réprouvés !

L’un crie au scandale, l’autre se noie dans ses interrogations
quand Dieu se révèle en Jésus comme l’homme condamné
parce « qu’il n’a rien fait. »

 


Et il y a de la jalousie dans l’air !

Toujours les mêmes recettes depuis le jardin de la Genèse.
Même Pilate le sait.

 


L’homme est jaloux de Dieu !
Il pense Dieu comme un concurrent,
il croit que Dieu veut garder jalousement ses prérogatives,
il imagine Dieu comme celui qui veut nous tenir en esclavage ;
devant cette peur ancestrale il faut donc l’éliminer.
C’est facile, d’ailleurs il est entre des soldats et les mains liées.
Le pouvoir a changé de camp.

Elles sont où ses foules nombreuses qui l’acclamaient ?
Ils sont où tous ces boiteux, aveugles, lépreux
qui chantaient ses louanges ?
Ils sont où ses disciples qui le suivaient partout
comme une garde rapprochée ?

La jalousie est un sentiment puissant, une peur profonde de perdre
ce que l’on croit avoir le droit et la capacité
de posséder par nous–mêmes.
Les êtres humains veulent se faire Dieu
alors que le seul désir de Dieu est de partager son être avec nous.
Le voilà donc abandonné entre nos mains pour nous dire en clair :
« Ouvre-moi la porte
nous prendrons ensemble le repas entre amis ! »
« Mon ami » a-t-il dit à Judas
mais ce dernier s’est fermé à l’offre gratuite.

 

Les plus courageux s’en lavent les mains.
On va les laisser se débrouiller entre eux.
Cette distance qui se veut passive est redoutable.
Elle accélère le processus de mort.

La lâcheté devant des situations injustes,
devant des conditions de vie injustes est monnaie courante.
On se lave les mains devant l’immigré, l’affamé, le gazé,
le sans ressources, le sans travail.
Dans le meilleur des cas, on va s’indigner mais comme toujours aucun programme ne sera appliqué !

 


S’étale au grand jour sur nos places et dans nos rues
la vilénie de l’homme.
Sont montrées, en ce chemin de Jésus, l’extrême perdition
et confusion dans lesquelles nous nous trouvons dans nos esprits,
nos sentiments, nos intelligences et nos lâchetés.

Il fallait bien qu’il aille à cette extrémité
pour maintenir l’offre d’alliance,
l’offre d’amour seul chemin de salut.

Laissons-nous donc toucher pour venir à la liberté d’aimer enfin !

 

Retrouvez le reportage complet sur le Chemin de Croix 2017 sur le site du diocèse.

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